Vous avez joué dans « Faites l’amour avec un Belge ». Quel bilan faites-vous de cette pièce à succès ?
Je suis ravie d’avoir repris le rôle féminin sur cette pièce qui joue depuis 11ans. C’est une expérience très riche , notamment d’avoir pu continuer à la jouer pendant le covid dans le jardin des gens en Belgique ! C’était fou et cette pièce m’a permis de développer mes capacités d’adaptation.
Vous mesurez 1m87, est-ce un handicap ou un avantage?
C’est un grand avantage au théâtre parce que cela induit une présence scénique, ça en impose direct et c’est très drôle d’avoir un physique atypique, on peut faire plein de gags. Mais c’est un gros inconvénient au cinéma ou à la télé, notamment parce que les productions bookent les rôles masculins avant les rôles féminins et il ne faudrait surtout pas qu’une femme soit plus grande qu’un homme, ils ne s’en remettraient pas !
Le cinéma américain engage plus facilement des acteurs ou actrices de grandes tailles que le cinéma français. Comprenez vous pour quoi cette différence?
Dans la culture américaine, l’individu est au centre, savoir se vendre, savoir s exprimer à l’oral, cultiver sa différence, c’est un état d’esprit qui n’est pas le même que le notre. Avec l’essor des réseaux sociaux notamment instagram ou il faut communiquer avec son image, on y vient, mais c’est compliqué pour nous en temps que comédien et dans notre culture d’intellectualiser le fait qu on peut se vendre, se promouvoir en temps que personne comme un produit. Puisque par définition notre travail c’est d’incarner des personnage et en fait on nous demande de nous incarner nous-mêmes.
Durant le confinement, vous avez joué dans un théâtrematon avec Michaël Dufour et Matieu. Aviez-vous déjà testé ce genre de représentation auparavant?
C’était complètement inédit et très intéressant. Jouer contraint par 2m², jouer de manière statique, ça reprend les codes du stand up finalement où le show ne repose que sur le texte et non sur une mise en scène ou une gestuelle ! Physiquement ça contraint donc on développe autre chose, une musicalité dans le texte, on joue avec les mots et les intonations. Ca permet d’évoluer dans son travail de comédien.
Vous êtes la créatrice du podcast « L’insulte ». Pouvez-vous en parler en quelques lignes?
L’insulte est un podcast qui explique l’origine des gros mots. J’ai eu cette idée en 2015, j’avais écrit quelques épisodes et les aient proposés à France Inter qui avait beaucoup aimé mais qui ne m’avait pas proposé de contrat. Quand les podcasts se sont démocratisés, j’ai voulu créer le mien mais je n’y connaissais rien. Au culot, j’ai contacté Pénélope Boeuf, la podcasteuse française au 5 millions d’écoutes pour lui demandé des conseils. Elle a écouté, a adoré et a directement proposé de me produire. A l’occasion de la sortie de la saison 2 de l’insulte, la production a décidé de me créer une chaîne qui s’appelle « Solène » et qui me permettra à terme d’y mettre tous mes futurs podcasts.
Que représentent pour vous la radio et la télévision?
La radio c’est un rêve, j’aimerais avoir une chronique ou une emission sur du long terme en radio. J’ai eu la chance de faire plusieurs émissions sur RTL avec Flavie Flament et c’est le média qui me fait vraiment rêver (En plus j’ai une voix qui s’y prête.)
La télévision cela m’évoque une idéologie, ainsi que des méthodes et des conditions de travail qui ne m’attirent pas du tout.
Et si je vous dis publicité?
Oui comme pour ma voix et la radio, je sais que mon physique se prête à la pub, mes agents m’envoient très souvent sur des casting pub, quand on a une « gueule » les marques adorent.
Qu’évoque pour vous la Belgique? Y reviendrez-vous?
J’adore la Belgique, mon père passionné de généalogie nous a trouvé grand nombre d’ancêtres en Belgique d’ailleurs, c’est un pays dans lequel je me sens bien.
Mon mari a été expatrié en Belgique flamande pour le travail pendant près de 2ans et j’étais ravie d’y venir plusieurs fois par mois, parfois je restais plusieurs mois d’affilés pour écrire (c’est d’ailleurs la que j’ai écrit les tous premiers épisodes de l’insulte qui à l’époque s’appelait « jurons peu, jurons bien ! ».
Avez-vous des projets en cours?
Une nouvelle pièce de théâtre avec Michaël Dufour qu’on a co-écrite ensemble qui va s’appeler « Le Coup de Pelle » c’est une pièce d’épouvante, ou du théâtre d’horreur? Ou Un polar humoristique, je ne sais pas bien comment on pourrait appeler cela !
Et j’aimerais sortir un nouveau podcast au printemps !
Propos recueillis par Stéphanie Fourneau
Photo: Nathan Ferla